La psychiatrie de la personne âgée vulnérable nécessite une approche thérapeutique particulière et des compétences spécifiques

Chez la personne âgée, les situations pathologiques psychiatriques et somatiques sont variées. Elles sont d’autant plus complexes à prendre en charge qu’elles surviennent sur un terrain vulnérable associant de multiples pathologies et médications. Elles se renforcent et s’aggravent alors mutuellement dans un contexte de dépendance ou de déclin des capacités cognitives et fonctionnelles de plus en plus marqué avec le temps.

Le médecin doit donc avoir une solide connaissance des pathologies de la sénescence comme de l’approche pharmacologique spécifique comportant la maîtrise des interactions de nombreux médicaments co-prescrits, sans oublier les conséquences du vieillissement sur la pharmacologie. Il doit être aussi en mesure d’évaluer le contexte afin d’offrir un soin psychique adapté. Cela nécessite à la fois une formation à l’écoute, à la relation d’aide, à l’analyse psychopathologique des situations associées à un décryptage de la personnalité.

 

 

 

Ces différentes situations exigent une médecine pluridisciplinaire et des savoir-faire spécifiques.

C’est dans ce cadre que se situe le projet médical innovant de la clinique gérontopsychiatrique de Rochebrune. 

 

 

 

La gérontopsychiatrie concerne les personnes âgées dès 60 ans

A l’initiative de l’ARS, les gérontologues d’Ile-de-France se sont réunis pour débattre de cette question. Tous ont été d’accord pour recommander un début d’intervention possible « à partir de 60 ans » et établir cette limite comme l’un des fondamentaux de la gérontopsychiatrie.

Le Docteur Cléry-Melin explique ce choix :

 « A partir de 60 ans, les patients en situation de handicap psychique ont besoin d’une prise en charge de type gérontopsychiatrique du fait de leur propension à voir se réveiller leur pathologie psychiatrique existante ou à déclarer de nouvelles pathologies tandis que des pathologies somatiques coexistantes aggravent le tableau pathologique. 

60 ans est souvent un âge de rupture pour les personnes stabilisées travaillant en ESAT (Etablissements et services d'aide par le travail) qui doivent prendre leur retraite et se retrouvent dans des situations familiales complexes avec des moyens réduits.

Enfin, la maladie d’Alzheimer concerne déjà certains patients de 60 ans. Ces formes « jeunes » révélées par les stratégies de dépistage précoce constituent une véritable préoccupation des pouvoirs publics et nécessitent une prise en charge gérontopsychiatrique.

/ Agence : LJCom