La gérontopsychiatrie implique des interventions coordonnées entre psychiatres et gériatres

Si la psychiatrie française s’est longtemps montrée réticente à s’intéresser de façon spécifique au grand âge, le vieillissement de la population a conduit un certain nombre de spécialistes, psychiatres et gériatres à se préoccuper des troubles psychiatriques de l’avancée en âge.

La confrontation de plus en plus fréquente des psychiatres au vieillissement et l’expérience grandissante de prise en charge des troubles psychiatriques des malades âgés a permis aux spécialistes concernés de faire plusieurs observations spécifiques :

  • De nouvelles pathologies psychiatriques peuvent se déclarer au cours du vieillissement ;
  • Les symptômes des maladies psychiatriques prennent des aspects différents de ceux des sujets plus jeunes ;
  • Les maladies neurodégénératives actuellement en augmentation d’une manière exponentielle33, s’accompagnant fréquemment de pathologies, symptômes ou troubles du comportement dont la prise en charge fait appel à une compétence psychiatrique ;
  • Les problèmes psychiques et somatiques deviennent indissociables avec l’âge : toute pathologie organique peut induire des troubles mentaux et réciproquement.

Ces particularités ont créé chez certains psychiatres et gériatres, le besoin d’unir leurs compétences pour proposer des solutions thérapeutiques mieux adaptées aux patients âgés. Les expériences de soin les plus efficaces ont souvent été le résultat de cette entente.

Le contexte de la vieillesse justifie donc une approche thérapeutique particulière qui a donné naissance à la gérontopsychiatrie, une nouvelle discipline née de l’expérience commune des psychiatres et des gériatres.

Sur un plan théorique, la gérontopsychiatrie correspond simplement à la psychiatrie de la personne âgée.  De façon plus concrète, elle propose une prise en charge spécifique qui place le patient au cœur d’une collaboration entre psychiatres et gériatres avec un objectif de meilleure efficacité thérapeutique.

Elle exige du psychiatre d’être une interface permanente avec la médecine interne gériatrique pour permettre une approche globale du patient et coordonner les actions thérapeutiques.

La gérontopsychiatrie concerne les personnes âgées de plus de 60 ans

A l’initiative de l’ARS, les gérontologues d’Ile-de-France se sont réunis pour débattre de cette question. Tous ont été d’accord pour fixer un début d’intervention possible « à partir de 60 ans » et établir cette limite comme l’un des fondamentaux de la gérontopsychiatrie.

Le Docteur Cléry-Melin explique ce choix :
« A partir de 60 ans, les patients en situation de handicap psychique ont besoin d’une prise en charge de type gérontopsychiatrique du fait de leur propension à voir se réveiller leur pathologie psychiatrique existante ou à déclarer de nouvelles pathologies tandis que des pathologies somatiques coexistantes aggravent le tableau pathologique.
Soixante ans est aussi un âge de rupture pour les personnes stabilisées travaillant en ESAT (Etablissements et services d'aide par le travail) qui doivent prendre leur retraite et se retrouvent dans des situations familiales complexes avec des moyens réduits.
Enfin, la maladie d’Alzheimer concerne déjà certains patients de 60 ans. Ces formes « jeunes » révélées par les stratégies de dépistage précoce constituent une véritable préoccupation des pouvoirs publics et nécessitent une prise en charge gérontopsychiatrique. »

La psychiatrie de la personne âgée vulnerable nécessite une approche thérapeutique particulière et des compétences spécifiques

 

Chez la personne âgée, les situations pathologiques psychiatriques et somatiques sont variées. Elles sont d’autant plus complexes à prendre en charge qu’elles surviennent sur un terrain vulnérable associant de multiples pathologies et médications. Elles se renforcent et s’aggravent alors mutuellement dans un contexte de dépendance ou de déclin des capacités cognitives et fonctionnelles de plus en plus marqué avec le temps.

 

La psychiatrie de la personne âgée s’adresse à la personne polypathologique, dont les problèmes somatiques ont des conséquences psychiatriques et réciproquement.

Ces situations exigent une médecine pluridisciplinaire et des savoir-faire spécifiques, c’est dans ce cadre que se situe le projet médical innovant de la clinique gérontopsychiatrique de Rochebrune.

 Le médecin doit donc avoir une solide connaissance des pathologies de la sénescence comme de l’approche pharmacologique spécifique comportant la maîtrise des interactions de nombreux médicaments co-prescrits, sans oublier les conséquences du vieillissement sur la pharmacologie. Il doit être aussi en mesure d’évaluer le contexte afin d’offrir un soin psychique adapté. Cela nécessite à la fois une formation à l’écoute, à la relation d’aide, à l’analyse psychopathologique des situations associées à un décryptage de la personnalité.


/ Agence : LJCom